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Un centre de données colossal en construction près de Regina

Un centre de données colossal en construction près de Regina

Annoncée le 14 septembre, l'expansion du centre de données de Bell quadruple la taille du projet : de 300 mégawatts, il passe à 1,2 gigawatt, avec un investissement total estimé à plus de 50 milliards de dollars. Une augmentation considérable pour un projet controversé.

L’annonce s’est faite depuis Toronto lors du Sommet sur l'investissement au Canada en présence du premier ministre Mark Carney, du premier ministre saskatchewanais Scott Moe et du président-directeur général de Bell Mirko Bibic.

Annoncée initialement le 16 mars, la construction du centre de données destiné à l'industrie de l'intelligence artificielle avait suscité à l’époque des réactions partagées.

Implanté dans la municipalité rurale de Sherwood, à quelques kilomètres au sud-est de Regina, le site de 160 acres devait alors coûter 1,7 milliard de dollars et nécessiter 300 mégawatts, de quoi alimenter 300 000 foyers selon Emily Eaton, professeure à l'Université de Regina.

Les travaux ont débuté au printemps, quelques semaines seulement après l'approbation du projet, malgré des manifestations récurrentes devant l'Assemblée législative et des changements controversés dans le conseil municipal de Sherwood.

La première phase de 300 mégawatts est toujours en construction et le centre doit entrer en fonction début 2027. Il deviendra alors le siège du « Bell AI Fabric », le quartier général des activités d'intelligence artificielle de Bell.

L'électricité au cœur des inquiétudes

L’alimentation en énergie était au cœur des revendications des opposants. Les 300 mégawatts initialement prévus proviendront toujours du réseau de SaskPower, majoritairement issus de sources fossiles, charbon et gaz.

Mais pour les 900 MW supplémentaires, la société privée devra assurer la production de sa propre énergie, en vertu de la règle adoptée dans le nouveau Cadre de la Saskatchewan pour les centres de données (Data Center Framework). Une capacité supérieure à n’importe quelle centrale existante de SaskPower.

Même si ce nouveau cadre ne dit rien au sujet des origines fossiles de l’énergie à produire, ni sur la gouvernance de l’eau, il reste en phase avec les Principes fédéraux.

Ottawa impose pour le moment que les nouveaux centres de données soient possédés par des sociétés canadiennes et installés au Canada, et qu’ils promeuvent des emplois et des opportunités économiques au pays.

Le gouvernement rassure

Face aux critiques, le gouvernement se veut rassurant. Pour Scott Moe, « ce projet contribuera à protéger l’infrastructure numérique dont dépendent nos familles, nos entreprises et nos services publics, tout en aidant la Saskatchewan à bâtir et à dynamiser l’avenir numérique du Canada pour les générations à venir ».

« Bell étant responsable d’apporter sa propre énergie pour soutenir l’expansion [du centre], les familles et les entreprises de la Saskatchewan n’auront pas à payer pour cette énergie supplémentaire », appuie le gouvernement dans son communiqué de presse.

L’opposition officielle reste toutefois sceptique. Carla Beck, leader du Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Saskatchewan, a exigé « un moratoire sur le développement de centres de données d’IA jusqu’à ce qu’un processus d’évaluation adéquat et une consultation publique approfondie soient mis en place ».

Au-delà de la Saskatchewan, le débat sur les centres de données prend de l’ampleur. Oakville, en Ontario, vient de geler pour un an les projets de développement de ce genre. Au Manitoba, la construction d’un centre proche de Winnipeg a été rejeté en juin dernier après une vive opposition publique.

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