TABOU NO MORE

Réflexions sur la santé mentale

 

Tabou no more - Réflexions sur la santé mentale

C’est décidé, je résolutionne
Mélanie Fossourier

C’est décidé, je résolutionne

« Une petite chronique sur tes bonnes résolutions ? » me demande le rédacteur en chef sur un air entendu en me tendant le calendrier des parutions de 2026. « Évidemment ! » réponds-je en clignant de l’œil comme si j’y avais une poussière. Mais c’est plutôt une épine dans le pied. Des bonnes résolutions, c’est bien beau, mais lesquelles ?

Normalement, à cette époque de l’année, on envisage d’arrêter de fumer, de moins boire, de se mettre au sport… Des promesses qu’on ne tiendra probablement pas, mais le principal, c’est de s’y résoudre.

Sauf que moi, je suis déjà en plein sevrage tabagique depuis 21 ans. Question alcool, je bois le verre à moitié vide. Je marche mes dix mille pas par jour, je nage mon kilomètre par semaine. Et chacun sait que j’ai arrêté le sucre.

En fait, ma vie est fade ! C’est décidé : j’ai fantaisie de mettre dans ma vie un petit grain de fantaisie. Youpi ! Et pour fêter ça, commençons par nous offrir une bonne bouteille !

Problème : je suis refoulée au Liquor Store – j’ai oublié ma carte d’identité. Ce n’est pas que je paraisse jeune, c’est que je fais la taille d’une enfant de douze ans les bras levés et certains ne font pas la différence. Je pourrais m’habiller chez Jacadi, vous voyez le genre. Je baisse les bras. Pour trouver des idées de résolutions sympas, je ne peux pas compter sur la picole.

Alors je surfe plutôt sur les réseaux sociaux. Que se promettent les gens pour épicer l’année nouvelle ?

Certain annonce qu’il souhaite acheter de nouveaux territoires. Certain veut se débarrasser de millions de clandestins. Certain encore espère un prix Nobel de la paix.

Moi qui cherchais de la folie, je suis servie. Mais je ne suis pas à la hauteur de ces programmes ambitieux. Philosophe, je me rabats sur les livres pour m’inspirer des projets à ma mesure.

Le premier qui me tombe sous la main m’exhorte : « Il faut cultiver notre jardin. » Ça, c’est une chouette résolution, me dis-je, candide : un petit potager !

Je me relève donc les manches de pioche et j’établis une liste. Mon voisin a un sol exceptionnellement fertile, idéal pour mes salades. Je vais annexer cette terre rare. S’il n’est pas content, c’est le même tarif. Il faudra bien qu’il s’y résolve.

Ensuite, il faut me débarrasser de tous ces ratons laveurs et autres écureuils qui vivent sur ma propriété illégalement sans titre de séjour. Ils ôtent les pignons de pin de la bouche des honnêtes citoyens. Au besoin, j’emploierai la force, ça résout tout.

Enfin, je vais réclamer le prix Goncourt pour le roman que je n’ai pas encore écrit. Au pire, je le vole et c’est résolu.

En voilà des bonnes révolutions pour 2026 ! Zut, j’ai confondu les mots résolution et révolution. Bah, finalement je préfère révolution. Le verbe « se résoudre », j’ai du mal à le conjuguer.

Bonne année à tous !

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