Un drapeau symbole d’unité et de visibilité
Le mois de mars est un moment fort pour la francophonie. À Regina, deux événements marquants ont illustré la vitalité de la fransaskoisie alors qu’un projet de loi crucial pour la communauté est toujours en pourparlers.
Le 10 mars, plusieurs membres de la communauté et des représentants gouvernementaux se sont réunis à l’hôtel de ville de Regina pour le traditionnel lever du drapeau fransaskois.
Des élèves des écoles francophones, l’École du Parc et l’École Monseigneur de Laval, étaient également présents.
Pour Jacqueline Roy, députée de Regina Nord-Est, cet événement allait bien au-delà du symbole.
« L’importance, c’est de se rassembler comme Fransaskois et Fransaskoises, non seulement pour célébrer, mais aussi pour reconnaître notre passé et envisager notre avenir. »
Cette visibilité publique du drapeau renforce le sentiment d’appartenance et témoigne d’une reconnaissance institutionnelle pour Jean-Marc Nadeau, député communautaire pour l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF).
« Le fait d’avoir le drapeau fransaskois devant la ville permet de voir l’importance de la relation entre les deux communautés. »
Une relation qui continue d’évoluer : « C’est un travail constant, comme un mariage. On continue de la développer et de l’approfondir », ajoute-t-il.
Une grande fierté
Du côté de la communauté, la fierté était bien présente. Joshua Vogt, président de l’Association communautaire fransaskoise de Regina (ACFR), insiste sur l’impact émotionnel.
« C’est toujours une grande fierté de voir notre drapeau hissé devant l’hôtel de ville. Ça montre que les Fransaskois sont là. »
Le porte-parole met également en lumière les efforts pour renforcer les liens avec le gouvernement.
« On travaille fort pour développer nos relations et inviter des représentants à nos événements. Ça montre qu’une relation importante se construit. »
Un projet de loi porteur d’espoir
Ces rapprochements prennent une dimension particulière dans le contexte du projet de loi présenté le 5 novembre 2025 par la députée Jacqueline Roy.
Ce dernier vise à reconnaître officiellement l’ACF comme porte-parole de la communauté et à établir un processus formel de consultation avec le gouvernement provincial.
Cependant, le projet est toujours en attente d’une deuxième lecture. « C’est le gouvernement qui doit décider. J’encourage les gens à envoyer des messages pour montrer leur soutien », explique la femme politique.
Pour Joshua Vogt, l’enjeu est majeur : « Ce projet de loi est essentiel pour le développement des Fransaskois. Il va assurer un développement durable et renforcer nos droits dans la province. »
Une reconnaissance officielle
Le 16 mars, la francophonie était de nouveau célébrée, cette fois au Palais législatif de Regina, dans le cadre du Mois de la Francophonie et des Rendez-vous de la Francophonie 2026.
Cette cérémonie a permis de déclarer officiellement le mois de mars comme Mois de la Francophonie en Saskatchewan.
Denis Simard, président de l’ACF, commente : « C’est une reconnaissance officielle en chambre qui souligne l’importance de la francophonie dans la province. »
La présence d’élèves francophones a donné une dimension particulière à l’événement. Pour Denis Simard, il est essentiel qu’ils soient témoins de cette reconnaissance.
« C’est important pour eux de voir qu’on parle français en chambre et que la communauté francophone n’est pas oubliée. »
Au-delà de l’observation, il s’agissait aussi de susciter l’engagement : « On espère leur donner le goût de s’impliquer, peut-être même de devenir les leaders de demain. »
Des modèles inspirants
La cérémonie a permis aux jeunes de rencontrer des modèles inspirants, dont Simone Lapierre, ancienne gardienne de but de l’équipe canadienne de water-polo.
Son message était clair : « Même en faisant partie d’une minorité, on peut réussir dans le sport ! »
L’athlète a ainsi encouragé les jeunes à ne pas se limiter : « Il ne faut pas se mettre dans une boîte ni penser que tout doit se faire en anglais. Il faut faire ses propres choix. »
Si le français n’a pas directement influencé ses performances sportives, il a joué un rôle important dans son parcours.
« Ça m’a permis de communiquer avec mes coéquipières, mes entraîneurs, et lors de voyages, notamment au Québec. J’ai même pu être porte-parole de l’équipe. »
Plus qu’un symbole, le drapeau fransaskois affiche une réalité vivante, portée par une communauté engagée qui travaille à assurer son avenir et son rayonnement pour les générations à venir.
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