L’âge peut-il influencer notre expérience de la neurodiversité ?
Absolument ! La compréhension de la diversité neurologique a beaucoup évolué au cours des dernières décennies.
Selon le groupe de défense des autistes Daisy Chain au Royaume-Uni, l’intersectionnalité, un concept qui prend en compte les croisements des identités et des expériences vécues par les individus, permet de réfléchir à la manière dont le genre, la classe sociale, la race et d’autres caractéristiques individuelles telles que l’âge se chevauchent et se croisent.
Cette notion est importante car les individus s’identifient à de multiples caractéristiques en même temps et c’est l’intersection de celles-ci qui peut déterminer la complexité de la discrimination et des préjugés qu’elles rencontrent.
De plus, l’intersectionnalité nous permet de mieux comprendre les barrières que peuvent rencontrer les personnes au fil de leur vie.
Il est intéressant de savoir que le trouble du spectre autistique (TSA) n’est apparu dans le manuel médical de diagnostic qu’en 1980 (DSM_III) et que les termes neurodiversité et neurodivergence ne sont apparus que 10 et 20 ans plus tard.
De ce fait, à cette époque, la plupart des personnes n’avaient jamais entendu parler de TSA ou de TDAH, ce qui était aussi le cas dans les écoles.
Ainsi, pour les personnes qui sont plus âgées et qui n’ont probablement pas eu accès à des formes d’identification ou de diagnostics lorsqu’elles étaient au début de leur parcours scolaire, l’intersection de l’âge est à considérer pour mieux comprendre leur expérience.
Étant donné que la sensibilisation communautaire, les outils et le langage associé à la neurodiversité faisaient défaut dans les milieux de vie et dans les écoles, ces personnes ont été plus à risque d’internaliser les préjugés et les stigmas, qui étaient monnaie courante, au détriment de leur santé mentale et d’une bonne qualité de vie.
D’ailleurs, selon le psychiatre Michael Jellinek, les enfants autistes et les enfants avec le TDAH auraient reçu plus de 20 000 messages négatifs de la part de leurs parents, de leurs pairs et de leurs enseignants avant l’âge de 11 ans.
Heureusement, les temps changent. Dans le système actuel canadien, le diagnostic permet d’accéder à des ressources et à des traitements.
Dans le cas du TSA, il existe une protection légale au Canada (Cadre pour l’autisme au Canada) et le TDAH est protégé en vertu de la Loi canadienne des droits de la personne.
Le message à retenir est qu’il est important d’accepter que certaines personnes aient de plus grandes difficultés que nous. Agir sur son environnement, faire des choix qui favorisent l’autonomie, s’entourer d’alliés et intégrer des ressources et des outils dans son quotidien sont autant de façon pour bien se comprendre et favoriser l’émancipation.
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