Chantez-vous comme une casserole ?
J’en conviens, je chante faux… Mais je me rattrape ici en vous offrant une belle histoire pleine d’expressions musicales étonnantes.
Donnant le la de l’histoire, je donne le ton ou l’exemple à suivre. Accordant mes violons, je coordonne bien mes pensées et mes idées, cherchant à ne pas jouer du pipeau, à ne pas raconter de sornettes.
Quand je sors les violons, j’essaie de susciter de l’émotion de façon artificielle, excessive ou mélodramatique. Je règle l’histoire comme du papier à musique, de façon très précise.
Tirant sur la corde, je pousse l’histoire à sa limite, surmenant mes capacités physiques et nerveuses, au risque d’une rupture.
Entre-temps, je fais donner les grandes orgues, je donne à l’histoire une emphase solennelle, dramatique ou exagérée.
Je paye de chansons : je me contente de vaines paroles, de discours creux ou d’illusions plutôt que d’actes concrets.
Alors, je change de disque, je change de sujet parce que j’en ai assez d’entendre la même chose. Pourquoi ne pas mettre un bémol, atténuer mes affirmations et modérer mes propos ? Ce qu’il me faut, c’est être au diapason, en accord parfait.
Surtout, je dois éviter de faire la trompette, de divulguer tout ce que je sais. Et de jouer du violon, chercher à manipuler ou à attendrir par de fausses histoires.
Faire danser quelqu’un, le malmener ou lui donner du fil à retordre n’est pas non plus une bonne idée. Je ne dois pas plus réclamer quelque chose, à cor et à cri, avec une très grande insistance.
Si cette histoire vous déplaît, ne tirez pas sur la pianiste ! Soyez indulgent, je ne fais qu’essayer d’accomplir une tâche exigeante.
Après tout, je suis dans les cordes, je possède les compétences, les capacités ou le niveau nécessaire pour écrire mon histoire extraordinaire.
Certes, parfois j’ai l’air mais pas la chanson, je donne une impression de compétence, d’assurance ou de savoir, mais je peux manquer de connaissances, de talent ou de profondeur.
J’ai un violon d’Ingres, un talent caché. Malheureusement, je ne sais pas sur quel pied danser. Je suis indécise, hésitante.
Si je vais plus vite que la musique, je suis trop pressée. Je dois plutôt y aller piano, doucement, prudemment. Je le sais, mais quand il y a quelque chose qui cloche, qu’il y a un problème, je panique.
J'essaie de ne pas raisonner comme un tambour, avec des propos creux, absurdes, incohérents. À la place, je cherche à faire les choses sans tambour ni trompette, à me comporter avec une grande discrétion, sans attirer l’attention.
Finalement, je mène tambour battant, j’agis avec rapidité et efficacité, en gérant plusieurs choses en même temps. C’est évident, on n'attrape pas de lièvre avec un tambour. Il me faut le bon outil ou la bonne méthode pour atteindre mon objectif créatif.
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