QUOI DE NEUF?

Saint-Louis redonne vie à son pont centenaire

À Saint-Louis, dans le nord de la Saskatchewan, un pont historique menacé de disparition a retrouvé une seconde vie grâce à la mobilisation d’habitants et d’organismes francophones, métis et municipaux.

Fermé en 2014 pour des raisons de sécurité, le pont de Saint-Louis a été transformé en attrait touristique, devenant un symbole de fierté et un levier de développement pour le village.s

Le projet est né d’une mobilisation locale. En effet, les démarches de restauration ont commencé en 2018, quatre ans après la fermeture du pont par la province.

Si un nouveau pont avait été construit à l’est de la localité pour assurer la circulation, la communauté tenait à préserver l’ancien ouvrage, témoin d’une riche histoire régionale.

Cette volonté s’est rapidement transformée en effort collectif, réunissant au total près de 180 000 dollars.

« Nous avons reçu des subventions de la Municipalité, de l’association métisse locale, mais aussi d’organismes fransaskois comme le Conseil économique et coopératif (CECS) », explique Michel Dubé, bénévole à la Société historique de Saint-Louis.

Un lieu chargé d’histoire

Le chantier du nouveau pont a été marqué par une découverte inattendue : des ossements d’un bison antique, vieux de près de 10 000 ans.

« Il était environ 25 % plus grand que le bison actuel », raconte Michel Dubé.

Cette trouvaille a renforcé la motivation de la communauté à sauvegarder son patrimoine.

La Société historique de Saint-Louis a piloté le projet de restauration. Avec la construction du nouveau pont à l’extérieur du village, la crainte était grande de voir diminuer la circulation, et par conséquent l’activité économique.

« Il fallait préserver la vie sociale et l’attractivité touristique », souligne Michel Dubé.

Pour Alexandre Chartier, directeur de la Société historique de la Saskatchewan (SHS), l’initiative démontre l’importance des organismes locaux.

« Nous insistons toujours sur l’importance d’appuyer les associations historiques. La Société historique de Saint-Louis illustre parfaitement l’engagement d’une communauté à préserver son histoire et son patrimoine. »

Mémoire, éducation et tourisme

Aujourd’hui, le pont restauré offre un espace de promenade ponctué de panneaux explicatifs retraçant l’histoire de la rivière, du village et de l’infrastructure.

« C’est un moyen de transmettre le patrimoine aux jeunes générations tout en renforçant la fierté locale », précise Michel Dubé.

Le pont attire visiteurs, groupes scolaires et touristes qui visitent également le site du bison antique et le camping du parc des Lions, adjacents au pont. Ces visites profitent aux commerces de Saint-Louis et des environs, jusqu’à Batoche.

« Les restaurants, stations-service et commerces locaux bénéficient de cette fréquentation. Cela crée aussi une motivation pour soutenir financièrement le projet à long terme », ajoute le bénévole.

Le succès du projet repose sur une participation large : francophones, Métis, Autochtones et résidents anglophones ont uni leurs efforts.

« Quelle que soit la langue ou l’origine, tout le monde souhaite que Saint-Louis reste vivant et attractif », affirme Michel Dubé.

La restauration du pont s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement plus vaste de préservation patrimoniale dans la région, comme l’installation récente de plaques commémoratives, notamment à l’ancienne école de Domrémy fondée en 1902.

Grâce à l’engagement de la communauté et au soutien des organismes partenaires, l’ancien pont ferroviaire de Saint-Louis n’est plus seulement un vestige du passé : il est devenu un lieu de rencontre, de mémoire et de dynamisme pour la région.

« Restaurer ce pont, c’est préserver notre mémoire collective », conclut Michel Dubé.

Partager

Imprimer

À venir RSS - activitésExportation iCalendar