QUOI DE NEUF?

L’apogée du « rejet »
Estelle Bonetto 51

L’apogée du « rejet »

Entre acheter de nouveaux produits ménagers ou fabriquer les siens à partir de matières recyclées, abordables et à portée de main, l’ultra local ou DIY (Do It Yourself) n’a jamais été si pertinent pour alléger le fardeau de l’inflation.

Il va sans dire que la consommation des temps modernes repose sur une internationalisation des échanges commerciaux devant lesquels nous, consommateurs, sommes souvent bien impuissants.

Cependant, il est possible de regagner un certain contrôle grâce à de petites transformations, à portée de tous.

Jusqu’au bout du savon

Nous avons tous ces petits bouts de savons, des rejets, qui ne moussent plus vraiment ou qui ont perdu leur charme parfumé. Pourquoi ne pas les recycler ?

J’ai pris l’habitude depuis plusieurs années maintenant de râper les restes de savons dans une casserole dédiée à cet effet, d’y ajouter un soupçon d’eau, quelques fonds de bouteilles de shampooing et de démêlant, et de faire bouillir le tout à basse température.

On obtient un mélange visqueux auquel j’ajoute quelques gouttes d’huiles essentielles après cuisson.

Je transfère la mixture dans un grand contenu recyclé en y ajoutant de l’eau chaude. Résultat ? Ma lessive pour le mois.

Je m’en sers également pour nettoyer surfaces, cuvettes, vaisselle, etc. (Évitez le lave-vaisselle, car le mélange s’avère trop mousseux.)

Le nec plus ultra du DYI ou de l’ultra local procure un sentiment d’accomplissement personnel et citoyen en plus d’alléger notre besoin de consommation.

À votre levain !

L’art boulanger n’est certes pas accessible à tous, et pourtant. Après maintes tentatives, je me suis mise à la culture du levain et au façonnage de miches, baguettes et autres délices boulangers. L’expérience, quoique salissante, est hautement satisfaisante.

De nombreux sites indiquent les étapes à suivre. Les principaux ingrédients : de la farine, de l’eau et un peu de patience.

Jeter le surplus de farine et d’eau fermenté peut sembler être beaucoup de gaspillage, mais c’est une étape normale dans la création du levain maison.

Lorsqu’on nourrit un levain, on retire une partie de la préparation, qu’on appelle le « rejet de levain », pour garder un équilibre entre les levures, les bactéries et les sucres dont elles se nourrissent.

Une fois que le levain est mature et actif, ce rejet devient un ingrédient à part entière, riche en arômes et en nutriments.

On peut l’utiliser dans une foule de recettes anti-gaspillage : crêpes au levain, muffins, gaufres croustillantes, biscuits, pains aux bananes et même certaines pâtes à pizza.

C’est une façon simple et savoureuse de réduire le gaspillage alimentaire tout en ajoutant une légère touche acidulée et moelleuse à nos préparations.

Sur le plan nutritionnel, le levain apporte une fermentation naturelle qui peut améliorer la digestibilité de certains produits céréaliers et rehausser la saveur.

En cuisine, c’est une belle manière de relier tradition, durabilité et plaisir de cuisiner maison.

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