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Félicité Nibogora, nouvelle directrice du Réseau Santé, prête à accomplir un « travail de longue haleine »

Félicité Nibogora, nouvelle directrice du Réseau Santé, prête à accomplir un « travail de longue haleine »

Entrée en fonction le 5 janvier au poste de directrice générale du Réseau Santé en français de la Saskatchewan (RSFS), Félicité Nibogora se dit prête à se retrousser les manches pour poursuivre la mission de l’organisme qui entre dans sa 21e année d’existence.

Que représente ce poste à vos yeux ?

C’est un poste de leadership qui requiert beaucoup d’amour de la communauté. Il faut connaître le milieu et le milieu minoritaire me parle beaucoup.

C’est aussi un poste qui demande que je travaille en collaboration avec le CA et les partenaires du Réseau Santé. Il faut que je sois prête à collaborer, écouter, apprendre et rendre les services adaptés au milieu dans lequel nous vivons.

Quel rôle joue le RSFS aujourd’hui ?

Le Réseau Santé a une vision et une mission qui s’inscrivent dans le cadre de la promotion des services de santé en français en Saskatchewan.

Les francophones de la Saskatchewan ont besoin d’avoir accès à des services de santé de qualité en français et le RSFS a le mandat d’améliorer ces services en appuyant ses partenaires qui sont les institutions de formation, les décideurs politiques, la communauté, les institutions de santé et les professionnels de la santé.

Le RSFS a fêté ses 20 ans d’existence l’an dernier. À quels défis principaux le RSFS est-il confronté en 2026 ?

Le défi, c’est vraiment la reconnaissance et l’existence des services en français. Ces services sont vraiment très limités.

Ce défi touche tout le monde et c’est un travail de longue haleine pour la conscientisation, surtout auprès des décideurs politiques comme la Régie de santé.

C’est un travail de tous les jours pour arriver à mettre au niveau le plus élevé la conscience que les ressources humaines, l’accès aux soins, la coordination des acteurs sont satisfaisants. Les besoins sont criants.

Y a-t-il des lieux ou des domaines plus en besoin que d’autres ?

La rareté des services en français concerne dans tous les domaines. On en a besoin pour toutes les couches de la population : le jeune âge, l’enfance, l’adolescence, les adultes et les aînés, mais aussi pour la santé mentale et physique.

Avez-vous été personnellement confrontée au manque de soins en français ?

Oui, mon médecin de famille est anglophone mais j’aurais aimé en avoir un francophone. Et même si on a un médecin francophone, on est référé à des spécialistes anglophones. J’expérimente la même chose que tout le monde.

On parle depuis des années d’améliorer l’accès aux services de santé en français dans la province. Va-t-on dans la bonne direction ?

Avec le temps, je ne vois pas d’amélioration de la disponibilité des ressources. Car la communauté francophone grandit avec l’immigration et je me demande si les besoins sont adaptés à la nouvelle démographie. Ce n’est pas encore assez suffisant pour couvrir tous les besoins.

Mais j’ai toujours de l’espoir. Il y a de quoi être optimiste. Il existe des services, ils sont insuffisants mais ils existent.

On travaille avec beaucoup de collaborateurs et, même s’il est vrai qu’on aimerait que certains soient plus actifs, toujours est-il qu’il y a de l’espoir. On a une équipe qui travaille très fort sur plusieurs dossiers, il y a beaucoup de bonnes choses qui se font.

On parle aussi beaucoup de santé mentale ces dernières années. De quelle façon le RSFS soutient-il les Fransaskois en la matière ?

Dans tous nos services, dans toute notre programmation, il y a de la santé mentale quelque part. Quand nous appuyons un programme, il y a toujours l’enjeu de la santé mentale qui est concerné.

Quand on parle aux décideurs politiques, on cherche toujours à prendre en charge la santé mentale des gens. On est conscients des besoins de la communauté. C’est un droit humain.

Quels sont les dossiers prioritaires sur votre table cette année ?

On travaille avec les intervenants en petite enfance, on intervient avec les familles, on a aussi des projets pour les aînés et on travaille sur le côté réseautage avec les institutions de santé et les professionnels de santé. Ce sont les projets les plus actifs en ce moment.

Peut-on s’attendre au lancement de nouveaux projets en 2026 ?

Il est encore trop tôt pour le dire. Nous sommes en train de clôturer l’année fiscale 2025-2026 et nous allons faire la programmation 2026-2027 d’ici le 31 mars au plus tard. On va être en mesure d’offrir une belle programmation.

Un dernier mot ?

Je remercie tous ceux qui m’ont contactée pour me souhaiter bienvenue. C’est un honneur de travailler avec tout le monde. C’est un encouragement à amener les services de santé en français encore plus loin.

Le parcours de Félicité Nibogora

Arrivée en Saskatchewan en 2008, Félicité Nibogora possède un diplôme en commerce de l’Université du Burundi et a poursuivi une formation en administration des affaires et en comptabilité au Québec.

Elle détient plusieurs années d’expérience en gestion et coordination de projets dans les secteurs de l’employabilité, de l’administration, des ressources humaines, du bénévolat et de la santé.

Avant son arrivée à la tête du RSFS, Félicité Nibogora a travaillé pendant plusieurs années au Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan (CÉCS).

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